Le Mokuso

Mokuso est une phase importante de la pratique d’un art martial.

avant le salut rituel au début de la séance et à la fin d’un
entraînement à l’injonction « Mokuso » donné par le Shihan ou le
Senseï . C’est un merveilleux outil qui permet d’ouvrir ou de conclure la séance de cours.

Le Mokuso du début sert à faire le calme dans son esprit, à laisser le monde et ses problèmes et préoccupations à l’extérieur du Dojo, et à se concentrer sur la séance à venir.

Le Mokuso de la fin sert à relâcher le corps et l’esprit de l’activité intense de la séance, à faire le vide et retrouver la vie extérieure avec sérénité. Le Mokuso est donc l’instant où le wa-jutsuka s’exerce à la maîtrise de son esprit en éliminant la plupart des perturbations physiques et psychiques liées au contact avec l’environnement.

Mokuso signifie littéralement « penser en silence ». […]

Les origines exactes du Mokuso ne sont pas connues. Il semble cependant que le Mokuso ait été introduit assez tôt dans les arts martiaux.

Les buts du Mokuso sont exprimés par l’expression

« Kokyu wo totonoeru, kokoro wo totonoeru »
dans laquelle Kokyu est la respiration, Kokoro; le coeur, l’esprit, et verbe Totonoeru signifie arranger, ajuster mais aussi préparer.

Ajuster sa respiration : ce qui est important c’est de se concentrer sur sa posture (dos bien droit en alignant bien la colonne vertébrale), et sur sa respiration.

Respirer régulièrement est en général un exercice recommandé pour se détendre. De ce point de vue, il constitue une excellente introduction à une séance d’activité physique intense. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un exercice respiratoire, il n’est donc pas nécessaire de pousser sa respiration.

Le Mokuso se pratique en Seiza, mais aussi en position debout:

  • jambes à écartement des épaules
  • et 1 pied légèrement avancé (posture confortable)

Au signal du Mokuso, joindre les mains en coupe, paumes vers le haut en déposant la main gauche dans la main droite, pouces joints ne faisant ni mont ni vallées, en fermant les yeux.

  • Inspiration : inspirez doucement par le nez, pendant 4 secondes, en visualisant l’air descendant jusqu’à votre « seika-tanden » (c’est le point situé à environ 3 cm sous votre nombril, à l’intérieur de votre corps; en quelque sorte, votre centre de gravité). Ceci permet une respiration profonde. Vos épaules ne bougent pas, c’est votre abdomen qui se gonfle sous la poussée du diaphragme qui s’abaisse; ceci vous donne un plus grand volume d’air qu’une respiration thoracique (en gonflant les poumons).
  • Maintien : à la fin de la phase d’inspiration, retenez l’air, visualisez le dans le « seïka-tanden », pendant 4 secondes. Relâchez bien tous vos muscles, notamment les épaules, le visage, le cou, tout doit converger vers le « seïka-tanden ».
  • Expiration : Expirez très lentement par la bouche, légèrement entrouverte, pendant 8 secondes, en contrôlant le flux avec votre abdomen; plus l’expiration sera lente, plus l’impression de calme et de détente sera ressentie. N’expirez pas à fond, vous auriez une sensation d’asphyxie alors que tout doit se passer en douceur. Lorsque vos poumons sont vides sans contraction d’aucune sorte, vous recommencez le cycle d’inspiration. Respirez ainsi jusqu’au signal de fin « Mokuso yame ».

Un premier temps il est intéressant de se concentrer sur le fait de laisser au vestiaire tout ce qui pourrait perturber la séance. Visualisez-vous serein, en paix prêt à recevoir et partager afin d’éveiller l’esprit créateur en soi. En fin de séance, ayez de la gratitude pour vous, votre senseï, votre uké, votre famille et visualisez vous avec ce que vous allez remettre dans ce sac en quittant le dojo. Faites le calme intérieur grâce à la concentration sur la respiration et préparez-vous à retrouver l’extérieur.

Cet exercice est des plus difficiles et demande concentration et entraînement.

Au bout d’un certain temps, votre esprit fera cela de manière presque automatique, le fil ténu pour se raccrocher restera alors le comptage qui permettra de ne pas diverger vers les pensées multiples qui ne demandent qu’à surgir et perturber notre belle sérénité.

L’idée générale étant en quelque sorte de « nettoyer » son esprit pour aborder l’état d’esprit Keiko (le cours, le travail, la pratique, l’étude des choses anciennes) que les Japonais appellent « Mushin » (sans sentiment, sans pensée) tout en restant CRÉATEUR.